Les poches du mois : Article 353 du code pénal – Dirty week-end – Les idées noires de la physique

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Le poche de février

 

« Parce que le problème, c’est que même un gars mauvais, même la pire des crapules, il y a des moments où elle n’est pas une crapule, des moments où elle ne pense pas à mal. Et croyez bien que ça ne simplifie pas les choses pour les gens comme moi. Les gens comme moi, ils ont besoin de logique, et la logique voudrait qu’un gars méchant soit méchant tout le temps, pas seulement un tiers du temps. »

Finistère nord, années 90. Après avoir noyé de sang-froid le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur se rend aux autorités. Il est aussitôt déféré devant un juge, l’occasion pour lui de retracer la succession des évènements qui l’ont mené jusqu’à ce drame qu’il ne regrette pas un instant. Son licenciement de l’arsenal de Brest, son divorce, la garde de son fils Erwan, et puis le début de la vraie chute, le début de la ruine : la proposition sournoise de cet abominable escroc dépourvu d’humanité qu’est Lazenec.

 

« Pour vraiment savoir ce qu’il s’est passé à ce moment-là, c’est à une mouette qu’il faudrait le demander. »

Dans ce face-à-face envoûtant, le lecteur s’unit à ce juge impénétrable – quelques rares mots glissés, une question, un geste, à peine un regard –  tandis qu’on écoute la parole libre, modeste et bouleversante de ce brave homme blessé. On tente de comprendre, d’assembler, pour nous, pour lui. On se prend en pleine face son désespoir, son espoir, puis le doute, la peur, et la honte. Cette vie, et même ce fils, qui injustement lui échappent.

Une confession touchante, un style grandiose : tout l’art d’un grand écrivain qui signe là  !

Denis

Article 353 du code pénal, Tanguy Viel, Minuit Double

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L’essai de février

 

« Pour apprécier le noir de la nuit vraie, de la nuit vécue, à sa juste valeur, il faut, par temps limpide, loin des villes, lever les yeux vers un ciel inaccessible, vers la nuit intimidante, et se laisser prendre par sa lente dérive. Paradoxe bien connu : pour faire l’expérience de la nuit noire, il faut commencer par passer une nuit blanche, renoncer au sommeil, contempler le ciel en méditant. Bien que privé alors des innombrables textures qu’il prend à travers les choses, le noir n’est ni neutre ni pauvre. Il est insondable. La nuit rappelle inévitablement à la conscience l’insignifiance de notre existence individuelle. Sa noirceur est terrible et intense, comme une absence. »

Le noir en physique représente ce qu’on ne voit pas, ou mal. Ciel noir, corps noir, trou noir, matière noire et énergie noire. L’astrophysicien Roland Lehoucq et le philosophe Vincent Bontems se répondent sur ces cinq énigmes fascinantes de l’univers. À la manière de Gaston Bachelard ou de Michel Pastoureau, les deux auteurs transcendent les disciplines et vont côtoyer l’histoire, la psychanalyse, la poésie, la peinture, afin de nous expliquer comment les avancées scientifiques se sont construites contre les apparences, contre les préjugés, et comment elles se développent encore aujourd’hui autour de ces questions qui résistent aux estimations logiques.

À l’explication passionnante de ces mystères de la physique, se greffe une merveilleuse enquête épistémologique. Comment ces mots, ces choix de concepts noirs se nourrissent de l’imaginaire collectif, et inversement, comment de ces ombres jaillissent, parfois de là ou ne l’attend pas, les éventualités, les spéculations et enfin l’illumination. Des poèmes d’Edgar Poe (qui répondra avant tous les autres à la question : pourquoi le ciel est-il noir?) à la science-fiction de Moebius, des tableaux de Soulage aux sombres desseins des alchimistes ou de la mythologie nordique, ce livre nous offre une balade lyrique et instructive dans ce noir océan d’étoiles qu’est l’Univers.

Denis

Les idées noires de la physique, Vincent Bontems et Roland Lehoucq, Points

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Le poche du fond de février

 «  Ils étaient trois dans la ruelle, et elle était seule. Trois hommes jeunes et robustes. Trois mousquetaires. Trois jeunes types téméraires. Trois de trop. Trois lemmings. Trois petits agneaux. Trois martyrs de sa cause. »

Bella est faible et l’a toujours été. Elle ne peut pas se battre contre un homme, il la casserait en deux. Or, il se trouve que Bella a une très faible tolérance à la douleur. Mais dans ce monde cruel où ils règnent en maître dans la rue, elle réalise un jour qu’elle est finalement très à l’aise un marteau en main. C’est bien comme arme un marteau, ça fait un joli bruit satisfaisant quand ça rentre dans les os du crâne…

Edité en 1991, soit bien avant la vague libératrice de #metoo et avant même la violence débridée de Tarantino, Dirty Week-end fit un tel scandale à sa sortie qu’il fut censuré par le Parlement Anglais pour cause d’immoralité.

 « La femme de vos rêves humides se tient près de votre lit. La femme de vos pensées obscènes, la femme de vos désirs inavouables se tient près de votre lit…. Avec un marteau. (…) Elle a le grand sourire du manant avant qu’il n’embroche le seigneur avec une fourche. Un grand sourire à brûler des prisons. »

Vous constaterez vite que ce livre peut être sujet à des tas d’adjectifs. Vous trouverez ci-après une liste non-exhaustive : excessif, violent, manichéen, psychopathe, rédempteur, cathartique et surtout absolument jubilatoire !

Marion

Dirty week-end, Helen Zahavi, Libretto

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