Les poches de l’automne : watership down – Si peu d’endroits confortables – Chroniques de l’Occident nomade

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Le poche du mois

« Les hommes pensent qu’il ne pleut jamais qu’à verse. Ce qui, en fin de compte, ne s’avère que rarement vrai. Les lapins sont plus pragmatiques. Ils ont un proverbe, par exemple, qui dit que « les nuages n’aiment pas la solitude », si on en voit un, c’est généralement le premier d’une vaste cohorte qui s’apprêtent à envahir le ciel. »

Publié pour la première fois en 1972, Watership Down fait partie des 50 ouvrages les plus vendus de l’histoire. Alors comment le présenter ? Certains le comparent au Seigneur des Anneaux, d’autres y voient une Odyssée d’Homère… Dans tous les cas, c’est une histoire palpitante, universelle qui porte des valeurs de courage, de loyauté et d’espoir.

Et alors, ça parle de quoi ?

Eh bien c’est le récit d’un petit groupe de… lapins ! Obligés de quitter leur garenne qui est menacée par un grand danger, ils partent en quête d’une nouvelle maison. Mais cette épopée n’est pas sans danger : entre les prédateurs, les humains et même… d’autres lapins mécontents de les croiser sur leur territoire, le groupe n’est pas au bout de ses peines.

La richesse de ce roman tient autant à la langue qui est travaillée, mais toujours fluide qu’au contenu : de nombreuses péripéties ainsi que la création d’une mythologie propre aux lapins et des informations sur leur mode de vie, qui trouvent leur source dans un texte scientifique. Vous l’aurez compris : ne passez pas à côté de cet OLNI* !

*Objet Littéraire Non Identifié

Camille

Watership Down, Richard Adams, Monsieur Toussaint Louverture

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Si peu d'endroits confortables

Le poche du fonds

« Elle avait réellement le cœur pissenlit. Quand on bougeait trop vite, qu’on parlait trop fort, qu’on courait près d’elle, quoique ce soit qui faisait du vent, on pouvait voir des morceaux de son cœur s’envoler, et elle plissait les yeux parce que ça lui faisait mal. »

Hannah a le cœur brisé depuis que * l’a quittée pour un Anglais. Elle écrit à son amour perdu dans un carnet bleu et peint sur les trottoirs « il y a si peu d’endroits confortables ». Joss a les cheveux bleus ; il a débarqué à Paris depuis un pays ensoleillé pour peindre. Il s’attendait à une ville lumière, mais n’a trouvé que le gris et la pluie. Au détour d’un banc arrive la rencontre…

« Je ne sais pas si deux solitudes s’annulent, je ne sais pas si elles se consolent. Je ne sais pas si au contraire elles ne forment pas un vide encore plus grand. »

En écho aux âmes brisées et à la solitude contemporaine, Si peu d’endroits confortables est la voix d’une jeunesse qui peine à trouver sa place et cherche l’appartenance à une communauté. Un roman d’une grande poésie, dont on aimerait recopier chaque phrase. Un récit court qui frappe au cœur.

Camille

Si peu d’endroits confortables, Fanny Salmeron, J’ai Lu

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chroniques de l'Occident

L’essai du mois

« Comment tout cela a-t-il commencé ? Peut-être à ce moment précis. Je me redresse, les yeux bouffis. Sans même me lever de ma couchette de fortune, j’ai devant moi la mer scintillante comme un désert bleu. La vision est coupée en deux. Le désert de glace aveugle et défile alors que le ciel est d’un bleu pâle infini. J’ai quinze ans, mais je ne me suis jamais réveillée sur un tel panorama et des milliers de générations d’humains ont dû le faire tous les jours avant moi. Quelque chose craque en moi ce jour-là, une paroi se rompt sans crier gare, la possibilité de l’abîme se dévoile en même temps que celle du bonheur absolu. »

Loin d’être un récit de voyage linéaire, ce petit livre est un recueil d’images, de sensations, de réflexions, offrant des sauts dans l’espace comme dans le temps. Des rues de Ouagadougou aux îles grecques, des places de Moscou aux lumières du port de Trieste, Aude Seigne nous emmène par ses vagabondages poétiques à la découverte de quelques secrets de ce monde et de ses habitants. De ses vices autant que de sa pureté.

Ces fragments de voyage nous bercent jusqu’à l’intime. L’intimité des villes foulées, car « ce sont les rues qui font un pays, ce sont les rues qui font qu’on y est allé», l’abandon devant la beauté d’un paysage, jusqu’à l’introspection de l’âme. Car, avec grâce et maturité, l’autrice nous dépeint les gens qu’elle a rencontrés, les amants qu’elle a croisés. Et aussi le manque, le vide. Ceux qu’on laisse chez soi : la famille et les amis. Voyager, aimer, se perdre. Mais toujours avec, dans ses bagages, des livres qui l’accompagnent dans ses pérégrinations. Dostoïevski, Michaux pour en citer quelques-uns.

Un livre étonnant, touchant, profond, d’une qualité littéraire indiscutable, qui a reçu (et c’est amplement mérité) le prix Nicolas Bouvier au festival Étonnants voyageurs de 2011 !

Denis

Chroniques de l’Occident nomade, Aude Seigne, éditions Zoé poche

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