Si les libraires m’étaient contés… José

Derrière chacun des livres que vous trouvez sur nos tables, il y a un libraire qui l’a soigneusement sélectionné, lu pour vous. Un libraire qui saura en fonction de ce que vous lui confiez de vos envies, de vos goûts, vous orienter vers l’ouvrage qui vous conviendra le mieux.
Notre librairie c‘est évidemment des livres, mais c’est aussi toute une équipe qui s’attache à vous faire découvrir des pépites, des nouveautés, des classiques, des livres que vous ne trouverez pas ailleurs.
Nous nous sommes dit que vous aimeriez peut-être nous connaître davantage afin que nous tissions un lien encore plus solide avec vous pour ainsi mieux vous conseiller.
C’est pourquoi au fil des semaines chacun d’entre nous se dévoilera en répondant à un petit questionnaire à la manière de Proust ou de Pivot sur ses habitudes de lecture. Car tous ceux qui font notre librairie sont avant tout, comme vous, des lecteurs.

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Pour ce deuxième rendez-vous, de notre toute nouvelle rubrique, c’est José qui passe à la question. Vous pouvez trouver José au premier étage de la librairie au rayon universitaire, il est plus particulièrement en charge de l’Histoire (qui est son domaine de prédilection), des sciences et de l’actu. Ce qui le caractérise le plus ? La curiosité et l’envie constante d’apprendre. Il est celui qui est à l’origine de certaines de nos plus belles vitrines. Véritable touche à tout, il est aussi à l’aise dans un bassin de piscine qu’il fréquente presque quotidiennement, qu’au Hellfest qu’il ne manquerait sous aucun prétexte ! 

 

Un livre à la fois ou plusieurs ?

Mes capacités de lecture sont très largement inférieures à tout ce que j’aimerais pouvoir lire, donc j’ai toujours entre 5 et 10 livres commencés. Selon l’heure de la journée, je ne lis pas le même style de livre. Je ne lis pas de romans le matin par exemple. La fiction c’est le soir uniquement.

 

Es-tu une lecteur tout-terrain ? (Peux-tu lire un livre dans le bruit ?)

Je lis dans le métro, dans le bain, dans le train, en marchant pour aller chercher le pain, à côté de mes enfants qui jouent aux jeux vidéo… Le bruit n’existe plus. Je m’isole facilement dans cette bulle.

 

T’arrive-t-il de lire de lire à haute voix ?

Tous les soirs je lis des histoires à mon fils. Il a l’âge de lire tout seul, mais il aime ça autant que moi. Je lis parfois des passages d’essais historiques pour endormir ma femme. C’est très efficace.

 

Annotes-tu tes livres ?

Jamais. Impossible. Pas moyen. J’ai l’impression qu’une règle graduée va me taper sur les doigts.

 

Es-tu un(e) adepte de la page cornée ou du marque-page ?

J’utilise ce qui est plus ou moins plat et à portée de main : une carte à jouer, un ticket de caisse, une feuille d’arbre, un stylo, une cuillère, un bout d’emballage de yaourt… J’ai plein de marque-pages et certains très jolis, mais bizarrement je n’en ai que rarement sous la main quand j’en ai besoin.

 

Accompagnes-tu tes lectures d’un fond musical ? Si oui quel style de musique ?

Ça peut arriver mais c’est plutôt mauvais signe. Si le livre est génial, la musique disparaît et si la musique prend le dessus, le livre disparaît. Il y a des exceptions: La littérature fantastique se marie très bien avec certaines musiques d’ambiance un peu sombres, du Dead can dance par exemple ou du Doom metal sinon. Bien ça aussi.

 

Café ou thé avec un livre ?

Bière.

 

Es-tu de ces lecteurs qui se délectent, prennent leur temps, ou au contraire un lecteur avide qui dévore ?

Je lis très vite et même si je suis capable de lire en diagonale, je ne le fais que contraint et forcé, par un calendrier de lecture surchargé par exemple. Tout le plaisir disparaît. Certains livres, les mieux écrits, se lisent lentement, pour savourer la langue, comme on déguste un bon whisky.

 

Le meilleur endroit pour lire ?

Dans un lit, deux gros oreillers calés entre le haut du dos et la tête. J’ai tout essayé, y a pas mieux. L’été c’est quand même sympa en terrasse, entre ombre et soleil. Dans le train, c’est chouette aussi.

 

Assis(e), debout ou allongé(e) ?

Assis-couché, voir réponse précédente. Mais j’avoue avoir beaucoup de plaisir à lire debout dans une file d’attente, quand tout le monde s’ennuie. C’était encore plus vrai avant que tout le monde ait un smartphone.

Le meilleur moment pour lire ?

J’ai deux enfants et je travaille la moitié du week-end, donc le meilleur moment, c’est quand j’ai un moment.

Ton premier souvenir de lecture ?

J’ai lu l’intégralité des Astérix avant de savoir lire. Avant ça je ne me souviens que de Mimi Cracra, sans doute parce que déjà à l’époque je trouvais ce graphisme vilain.

 

Le livre qui a marqué ton enfance ? Celui qui a marqué ton adolescence ?

Enfant, je lisais peu, hormis toutes les bandes dessinées qui me tombaient sous la main. Je me souviens encore du bonheur de recevoir 52 histoires de schtroumpfs, un jour où ce n’était ni Noël, ni mon anniversaire. Je pourrais dessiner chaque détail de la couverture (si seulement je savais dessiner). Adolescent, j’ai lu La nuit des temps de Barjavel, en étant surpris qu’une prof de français ait demandé de lire un livre si cool. Voyage au bout de la nuit a été pour moi (comme pour beaucoup de gens j’imagine) un vrai choc esthétique. Je me souviens que je lisais des phrases tout haut à table en répétant : C’est magnifique ! Vous vous rendez compte de la puissance de cette  phrase ? Ça devait être très pénible.

 

Le livre que tu te promets un jour de relire ?

Il y a tant de livres fabuleux que je ne lirai jamais faute de temps (ou d’un libraire assez sensible pour connaître les tréfonds de mon âme), que je trouve dommage de relire. Ce qui n’est pas très cohérent vu la taille de ma bibliothèque. Ceci dit j’ai lu trois fois Les compagnons du crépuscule  de François Bourgeon et je le lirai sûrement encore. Mais je ne promets rien. Il y a aussi Le seigneur des porcheries de Tristan Egolf, une vraie claque. Celui-là peut-être.

 

Le livre que tu regrettes de n’avoir jamais lu ?

Vu mon métier, ce regret n’a pas de raison de durer très longtemps. C’est une question à me poser quand je serai sur le point de mourir. Mais Martin Eden de Jack London est sur ma table de nuit. J’aurai sûrement le temps.

 

Celui que tu conseilles depuis toujours ?

Je conseille souvent les livres de Bill Bryson, ses récits de voyage ou ses livres de vulgarisation comme Une histoire du monde sans sortir de chez moi . Les découvreurs de Daniel Boorstin aussi. Mais j’essaie aussi de me méfier de mes excès d’enthousiasme. Parfois on peut faire des déçus. Les livres de Jean-Philippe Jaworski sont des merveilles, sans exception, (si vous aimez la littérature fantastique).

 

Que lis-tu en premier lorsque tu commences un livre ? (Les remerciements, les dernières pages, la dédicace ?)

Je me moque de savoir que l’auteur(e) remercie chaleureusement son éditrice. Je lis en général la dédicace parce que je cherche la première page. Je m’en moque aussi la plupart du temps. S’ils sont vivants, on peut leur envoyer un texto ou une lettre, s’ils sont morts, ils ne le sauront jamais. Alors à quoi bon ?

 

Au bout de combien de pages abandonnes-tu ta lecture lorsqu’un livre t’ennuie ?

Je n’ai aucun problème à abandonner un livre qui m’ennuie. Ça m’arrive très souvent et sans doute de plus en plus souvent. Ce n’est pas tant que la qualité baisse, mais mes goûts s’affinent certainement avec le temps.

Le livre que tu lis en ce moment ?

Je viens de terminer Trois pierres c’est un mur, une histoire de l’archéologie d’Eric Cline. C’est un exemple parfait de vulgarisation réussie, érudit sans être pesant, fluide sans être trop léger. Le genre de livre que j’emmène partout, que je suis content de retrouver et un peu triste de terminer.

Ton dernier coup de cœur ?

Ma carte des merveilles  de Caspar Henderson, aux Belles Lettres. Le sujet en est l’émerveillement devant la richesse, la complexité et la beauté du monde. Tout cela expliqué avec l’aide de la science par un auteur particulièrement sensible et inspiré. Le livre, en plus d’être passionnant, est un vrai bijou d’édition. Une merveille donc. Mais venez le voir si vous ne me croyez pas.



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