Deux femmes et un jardin – Anne Guglielmetti

deux femmes et un jardin

Elle s’appelle Mariette. Une discrète par la force de l’habitude, celle de ne compter pour personne, Une invisible qui a toujours travaillé au service des autres, sans reconnaissance ni remerciements. Une femme qui vit chichement, un cœur simple qui n’attend ni n’espère rien. Une humble qui hérite d’une maison, une masure s’empresse de lui préciser, non sans morgue, le clerc de notaire. Que lui importe à Mariette, pour la première fois de sa vie elle possède une clé, sa clé.

Ses quelques affaires dans un sac, la précieuse clé contre son cœur, elle prend le train puis le car et poursuit à pied les quelques kilomètres qui la séparent de sa nouvelle vie. Le clerc n’avait pas menti, la maison est modeste, peu confortable et sommairement meublée. Que lui importe à Mariette, pour la première fois de sa vie elle possède une maison, sa maison.

Et un jardin. Un bel endormi qui, faute de soins et d’amour, s’est ensauvagé. Y règne la loi du plus pugnace, du plus gourmand ou du plus féroce. La nouvelle propriétaire n’entend rien au jardinage, elle n’a jamais eu le temps de s’intéresser aux plantes et n’a pas les moyens d’acheter des ouvrages ni même des outils. Que lui importe à Mariette, pour la première fois de sa vie elle possède un jardin, son jardin.

Les autres demeures du hameau ne s’animent que pendant les vacances, aussi Mariette reste-t-elle souvent seule dans cette campagne normande qu’elle découvre patiemment. Un jour de printemps, les volets voisins s’ouvrent, une jeune fille apparaît, spontanée, généreuse. Une adolescente que cette drôle de dame si discrète dans sa petite maison et son grand jardin intrigue avant de sincèrement s’y attacher. Un monde et deux générations séparent les deux femmes, mais que lui importe à Mariette, pour la première fois de sa vie elle a une amie, son amie.

Ce bref roman est un petit bijou. L’objet est beau, le texte d’une infinie délicatesse et l’écriture fluide, d’une apparente simplicité. L’histoire de l’éclosion de cette amitié autour de la renaissance d’un jardin laisse un sentiment de sérénité salvateur.

Qu’il est doux de lire un texte si beau, si élégamment tourné, tout en modestie et finesse. Que ce roman soit paru chez un petit éditeur, sans bruit ni tapage médiatique, renforce l’impression d’avoir découvert un petit trésor.

Merci Madame Guglielmetti.

Bravo aux Éditions Interférences pour la qualité de leur travail.

Véronique

L’autrice : Romancière et traductrice de livres d’art et d’architecture, Anne Guglielmetti, Parisienne née en 1952 d’un père italien et d’une mère lorraine, vit et travaille à Paris (Source Babelio).

Deux femmes et un jardin, Anne Guglielmetti, Éditions Interférences

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