Un souffle, une ombre – Christian Carayon

un-souffle-une-ombre-christophe-carayonUn petit village niché dans une vallée, bordé d’un lac autrefois appelé le lac de Basse-Misère, dans le Tarn, secoué par un terrible fait divers l’été 1980.

Le massacre d’un petit groupe d’adolescents passant une nuit sur   l’îlot des Bois-Obscurs en face de la grande fête nautique annuelle où sont réunis adultes et enfants. Tandis que les parents dansent, rient ou dorment, les adolescents sont sauvagement mutilés et tués.

Au moment des faits, un jeune garçon entend parler à la maison ou au collège, à mots couverts, de ce drame. Sans vraiment connaître les victimes ni avoir été présent ce soir-là, il est profondément touché. Ses parents en discutent entre eux, attisant sa curiosité et ses craintes. De cette époque, naît une fascination mâtinée de peur. Marc-Edouard, l’enfant, mais aussi le narrateur adulte de cette histoire, reviendra bien plus tard sur une enquête assez complexe. Trente-quatre ans après les faits, devenu prof de faculté, historien, c’est un homme réservé, peu sociable et pas épanoui qui réalise à quel point cette tragédie a laissé ses stigmates de manière durable. Pas seulement dans son ancien village sclérosé mais aussi sur sa propre trajectoire personnelle.

Un journaliste qu’il rencontre a lui aussi tenté de faire le jour sur cette drôle d’affaire et s’est cassé les dents en plus de devenir alcoolique.

Marc-Edouard délaisse pour un temps ses travaux de fac et les guerres intestines entre spécialistes historiens pour se consacrer pleinement à l’îlot des Bois-Obscurs. Que s’est-il réellement passé cette nuit-là ? Le coupable arrêté est-il la bonne personne ? Au risque de se couper davantage du monde extérieur, Marc-Edouard se jette à corps perdu dans cette enquête et remue la boue en tentant de faire parler les vivants : les familles, les éventuels témoins…

C’est avant tout un traumatisme collectif dont il est ici question et que l’enseignant aimerait saisir. Or certains fantômes n’aiment pas être réveillés.

Un roman enthousiasmant, ancré dans un lieu, une époque. Erudit, à travers les passages historiques sur la Grande Guerre, crédible et percutant, ce polar de facture classique, assez introspectif, dont le rythme s’accélère à la fin, offre des paysages marquants et une ambiance sublime aux contrastes saisissants.

L’enquête progresse doucement, nous découvrons en même temps que notre héros (ni enquêteur, ni journaliste, ni écrivain) les secrets terribles enfouis depuis plus de trente ans et leurs conséquences.

Une fin juste parfaite pour un auteur français à découvrir sans plus tarder !

Un souffle, une ombre, Christian Carayon paru chez Fleuve noir et Pocket 

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