Si les libraires m’étaient contés… Anne-Laure

Derrière chacun des livres que vous trouvez sur nos tables, il y a un libraire qui l’a soigneusement sélectionné, lu pour vous. Un libraire qui saura en fonction de ce que vous lui confiez de vos envies, de vos goûts, vous orienter vers l’ouvrage qui vous conviendra le mieux.
Notre librairie c‘est évidemment des livres, mais c’est aussi toute une équipe qui s’attache à vous faire découvrir des pépites, des nouveautés, des classiques, des livres que vous ne trouverez pas ailleurs.
Nous nous sommes dit que vous aimeriez peut-être nous connaître davantage afin que nous tissions un lien encore plus solide avec vous pour ainsi mieux vous conseiller.
C’est pourquoi au fil des semaines chacun d’entre nous se dévoilera en répondant à un petit questionnaire à la manière de Proust ou de Pivot sur ses habitudes de lecture. Car tous ceux qui font notre librairie sont avant tout, comme vous, des lecteurs.

 

Anne-Laure, libraire du rayon littérature

 

Pour le retour de notre rubrique « Si les libraires m’étaient contés… », c’est Anne-Laure qui a accepté de se dévoiler en quelques mots à travers ses habitudes de lecture. Anne-Laure est l’une de nos deux libraires du rayon littérature plus particulièrement en charge de la partie littérature étrangère. Lorsqu’on la voit pour la première fois dans son rayon, ce qui frappe tout d’abord, c’est son immense sourire qui illumine tout son visage. Toujours  attentive aux attentes du  lecteur qui lui a demandé conseil, Anne-Laure pèse chacun de ses mots pour être au plus près, au plus juste du livre dont elle vous parle avec un enthousiasme communicatif. Littérature turque, chinoise, anglaise ou américaine, notre libraire aime les auteurs dont les romans sont construits autour de grandes problématiques sociales. Et ne comptez pas sur Anne-Laure pour écorner le mythe du libraire, vous le découvrirez dans ses réponses, elle ne lit (presque) jamais sans son chat et une tasse de thé à la main.

 

Un livre à la fois ou plusieurs ?

Très souvent plusieurs.

Un livre que j’emporte dans mon sac pour pouvoir lire un peu partout (j’ai un sac spécialement conçu pour accueillir un livre de poche voire même un grand format pas trop épais).

Un livre qui se lit plus facilement, pour les moments où mon temps de lecture est plus limité, mon esprit moins disponible.

Un livre plus dense, qui nécessite de s’y plonger pour pouvoir s’imprégner de l’atmosphère, s’attarder sur les idées exprimées, prendre le temps d’apprécier les mots. Ce n’est pas nécessairement une question de nombre de pages, mais plutôt d’exigence littéraire.

 

Es-tu une lectrice tout-terrain ? (Peux-tu lire un livre dans le bruit ?)

Oui, ayant toujours un livre dans mon sac, les temps d’attente sont souvent propices à la lecture.  Comme pour beaucoup de lecteurs, le temps de transport est idéal, mais aussi dans les bars quand mes amis s’éclipsent quelques instants, ce qui les fait beaucoup sourire, ou entre deux concerts. D’où l’importance de bien choisir le livre que j’emporte, toutes les lectures n’étant pas tout-terrain.

 

T’arrive-t-il de lire de lire à haute voix ?

Très rarement. En revanche il m’est très difficile de lire sans entendre les mots résonner dans ma tête. Il m’arrive même d’imaginer la voix du narrateur.

 

Annotes-tu tes livres ?

Certains livres sont annotés mais je suis plutôt une adepte des carnets. J’y note les phrases qui me touchent, qui mettent en mots des émotions personnelles. Ce n’est pas toujours possible, certaines de mes lectures, comme dernièrement Silens moon, sont tellement fortes du début jusqu’à la fin, que je serais obligée de réécrire entièrement le roman. Mes notes comprennent aussi les éléments importants du roman qui m’aideront à construire mes coups de cœur.

 

Es-tu un(e) adepte de la page cornée ou du marque-page ?

Plutôt marque-page, j’en ai une jolie collection à deux endroits stratégiques, près de mon lit dans une élégante boîte Ladurée (cadeau d’Albin Michel pour la sortie Le fait du prince  d’Amélie Nothomb) et sur le côté de mon canapé dans une pochette.

Je ne choisis pas vraiment, je prends le premier qui me tombe sous la main, mais je m’amuse à regarder s’il s’associe bien au sujet du roman.

 

Accompagnes-tu tes lectures d’un fond musical ? Si oui quel style de musique ?

La musique est aussi fondamentale pour moi que la lecture. Si en vieillissant j’apprécie plus régulièrement la lecture dans le silence, cela reste ponctuel. Je choisis la musique en fonction de l’atmosphère du livre que je lis. Il s’agit souvent de musique plutôt calme sans qu’elle soit forcément instrumentale. Je suis assez éclectique et férue de découvertes, les livres peuvent d’ailleurs être une source étonnante. J’ai découvert le Zarico (ou zydeco) dans La route de Lafayette  de J.Kelman chez Métailié. Opus 77  de A. Ragouneau chez Viviane Hamy m’a donné les clefs pour écouter cette œuvre de Chostakovitch à laquelle j’étais plutôt hermétique. C’est d’ailleurs assez rare de lire d’aussi beaux passages sur la musique, le jeu des musiciens est magnifiquement décrit et les émotions retranscrites très juste.

Mais mon plus vieux compagnon de lecture reste Éric Satie que je ne me lasse jamais d’écouter.

 

Café ou thé avec un livre ?

Définitivement thé. J’ai une petite collection de thé en vrac à la maison dont certains sont réservés aux moments où je peux prendre mon temps.

 

Es-tu de ces lecteurs qui se délectent, prennent leur temps, ou au contraire un lecteur avide qui dévore ?

Je me délecte de pouvoir dévorer les livres.

 

Le meilleur endroit pour lire ?

Chez moi. Dans mon lit le matin avec mon café.

Sur mon canapé, équipée de deux gros coussins et d’un plaid.

Sur ma terrasse pour les beaux jours.

Quoi qu’il en soit toujours avec mon chat.

 

Assis(e), debout ou allongé(e) ?

Plutôt allongée.

 

Le meilleur moment pour lire ?

Le matin ou l’après-midi.

 

Ton premier souvenir de lecture ?

Ce sont des moments de partage. Les histoires du soir lues par mes parents, plus particulièrement ma mère.

Mais aussi les émotions des premiers romans, Mystère à Carnac de M-A Baudouy, Le perroquet qui bégayait d’A. Hitchcock et les romans de Judy Blume à l’école des loisirs.

 

Le livre qui a marqué ton enfance ? Celui qui a marqué ton adolescence ?

Celui qui a marqué mon enfance : Mon drôle de petit frère  de  E. .laird.

Celui qui a marqué mon adolescence : Siddharta  d’H.Hesse.

 

Le livre que tu te promets un jour de relire ?

Siddartha  d’H.Hesse.

 

Le livre que tu regrettes de n’avoir jamais lu ?

Il y en a tellement mais ça laisse plein de possibles.

 

Celui que tu conseilles depuis toujours ?

Au risque de me répéter Siddartha  mais aussi  Où j’ai laissé mon âme  de Jérôme Ferrari.

 

Que lis-tu en premier lorsque tu commences un livre ? (Les remerciements, les dernières pages, la dédicace ?)

Je commence par la toute première page pour être sur de ne rien rater,  la note de l’éditeur, l’épigraphe, la dédicace.

 

Au bout de combien de pages abandonnes-tu ta lecture lorsqu’un livre t’ennuie ?

La règle des 100 pages fonctionne bien.

 

Le livre que tu lis en ce moment ?

Francis  Rissin  de Martin Mongin aux éditions Tusitala. J’ai dépassé les 100 pages et je ne compte pas l’abandonner.

 

Ton dernier coup de cœur ?

J’hésite entre le Le clou  de Zhang Yuran chez Zulma ou De pierre et d’os  de Bérengère Cournut aux éditions du Tripode.

S’il faut choisir, mon cœur va à ce dernier qui relève de la magie et m’a vraiment émerveillée .

 



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