San Perdido – David Zukerman

san-perdido-david-zuckerman-librairie-le-failler

Un enfant noir au regard bleu insoutenable et à la force quasi-herculéenne apparu comme par enchantement un matin de juin 1946 au milieu d’une décharge… Quelques décennies plus tard, le garçon, dont le mutisme renforçait le mystère, est devenu un héros légendaire.
Un conte ? Peut-être.
Une fable fantastique ? Un peu.
Un roman social et politique ? Aussi.
Une vraie histoire qui emporte dès les premières lignes ? Absolument.

Bienvenue à San Perdido, Panama. Une petite ville portuaire colorée, si joliment typique, avec de magnifiques villas aux jardins luxuriants accrochées à flanc de colline sous l’ombre tutélaire du Palais du Gouverneur. Chacun sait que la place de Gouverneur n’est pas sans risque, mais elle présente tellement d’avantages qu’il serait dommage de ne pas tenter sa chance, au moins quelques années. Et pour cela, tous les moyens sont bons, surtout les plus machiavéliques et, bien sûr, les moins honnêtes. Les étrangers offrent tant d’opportunités de s’enrichir (quelle excellente idée ce canal quand même…) qu’il serait vraiment sot de ne pas en profiter. Tant pis pour les autres !

Un étrange enfant au cœur de ce roman

Revers de la carte postale: les autres justement, ceux qui n’intéressent personne. En bas de cette échelle sociale, au plus près de la mer, les misérables qui inlassablement fouillent dans les rebuts de ceux d’en haut. La décharge est leur domaine que seuls les goélands et les rats leur disputent. La vieille Felicia règne sur ce pitoyable royaume, usant de sa mince autorité pour tenter de protéger les gosses des choses les plus nocives. Une vie sans autre espoir que voir le soleil se coucher le ventre un peu moins vide. Jusqu’à l’apparition de cet étrange enfant au regard impressionnant.
Yerbo Kwinton est arrivé. Malfaisants prenez garde !

 

Dépaysement  et tourbillons d’émotions

David Zukerman dépayse totalement le lecteur en l’emmenant en un lieu exotique chargé d’histoire où le merveilleux et le sublime côtoient l’ordinaire et le sordide. Les personnages, aux psychologies finement amenées, sont pris dans des intrigues à rebondissements portées par une écriture alerte qui jamais ne faiblit. Le lecteur est saisi par toutes les émotions, de l’empathie à l’indignation en passant par l’inquiétude et l’admiration. Les femmes de ce roman ne sont d’ailleurs pas en reste pour susciter le respect. Et une pointe de délicat érotisme n’est pas fait pour déplaire…


Une lecture jubilatoire qui réussit le tour de force de nous divertir en nous parlant de tragédies.

 

L’auteur : Né en 1960 à Créteil, David Zukerman  a été successivement ouvrier spécialisé, homme de ménage, plongeur, contrôleur dans un cinéma, membre d’un groupe de rock, comédien et metteur  en scène. Pendant toutes ces années, il a également écrit une quinzaine de pièces de théâtre, dont certaines furent diffusées sur France Culture, et quatre romans qu’il n’a jamais voulu envoyer à des éditeurs.  San Perdido est sa première publication. (Source Calmann-Lévy)

San Perdido, David Zukerman, Calmann Lévy

logo-commander-le-livre-librairie-lefailler





Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.