Quelques romans pour mieux comprendre la réalité des discriminé.es

Discrimination

Parce que la littérature permet de se mettre dans la peau d’un.e autre, c’est une voie particulièrement utile pour comprendre les expériences des personnes discriminées et être un.e meilleur.e allié.e. Cette sélection se concentre principalement sur le racisme et le sexisme.

Jeunesse

L’éveil féministe d’une ado américaine qui décide de se rebeller contre le sexisme dans son lycée à l’aide de fanzines. Un chouette roman feel-good et empowering.

Moxie, Jennifer Mathieu, Milan

the hate you give

Violences policières et racisme au programme de ce livre phénomène, dont vous avez peut-être déjà vu l’adaptation cinématographique.

The hate you give, Angie Thomas, Éditions Nathan

nous les filles de nulle part

Lutte contre la culture du viol et sororité sont au cœur de ce roman puissant et réjouissant.

Nous les filles de nulle part, Amy Reed, Albin Michel

Pour celleux qui pensent qui le racisme anti-blanc existe, un livre fort où les rapports de pouvoir blanc/noir sont inversés. Un grand classique.

Entre chiens et loups, Malorie Blackman, Le livre de poche

Evelyn may et bell pour un monde plus juste

Février 1914 : un groupe de suffragettes emmené par Sylvia Pankhurst milite à Londres pour que le droit de vote soit accordé aux femmes. Parmi elles, Evelyn, May et Nell. Pour ces trois adolescentes aux trajectoires différentes, avenir rime avec espoir. Mais sur le chemin de la liberté, un obstacle de taille : la Grande Guerre éclate. Les suffragettes obtiendront-elles gain de cause ou leur combat sera-t-il reporté une fois encore ?  A travers ces trois portraits attachants, Sally Nicholls prend le pouls d’une génération dont tous les rêves furent possibles : elle fait le récit d’une quête qui devint réalité. Une précieuse contribution à l’édifice #metoo pour les électrices de demain.

Retrouvez le coup de cœur de Noëmie ici : http://librairielefaillerblog.fr/evelyn-may-et-nell-pour-un-monde-plus-juste-sally-nichols

Evelyn, May et Nell, pour un monde plus juste, Sally Nicholss, Hatier

wilder girls

Voilà bientôt dix-huit mois qu’un mal inconnu, la Tox, a frappé l’île Raxter. Dix-huit mois que le pensionnat pour jeunes filles qui en occupe la pointe a été mis sous quarantaine. D’abord, la Tox a tué les enseignantes, une à une, puis elle a infecté les élèves, dont les survivantes portent désormais ses monstrueux stigmates dans leur chair. Coupées du reste du monde, cernées par les bêtes mutantes qui rôdent dans les bois alentour et livrées à elles-mêmes, celles qui restent n’osent plus sortir de l’enceinte de l’école. Jour après jour, elles attendent le vaccin que le gouvernement leur a promis. Hetty et ses deux meilleures amies, Byatt et Reese, se serrent les coudes malgré les privations, bien déterminées à lutter ensemble jusqu’au bout… Plus glaçant encore que Sa Majesté des mouches, un huis clos féminin et féministe qui a fait frissonner l’Amérique de plaisir !

Wider girls, Rory Power, collection R, Robert Laffont

My life matters

«  Je n’oublierai jamais Tyler. Je ne veux pas que le reste du monde l’oublie non plus.  » Marvin Jonhson, 17 ans, est un excellent élève qui fait tout pour éviter les ennuis. Mais quand on est noir dans une Amérique de blancs, les ennuis ne sont jamais loin. Lorsque Tyler, son frère jumeau, va à une soirée organisée par un gang du quartier, Marvin l’accompagne, avec la ferme intention de veiller sur lui. Soudain, c’est le chaos. Descente de police, coups de feu. Marvin perd son frère dans la panique. Le lendemain matin, Tyler n’est toujours pas à la maison. Aucune nouvelle de lui. Lentement, la réalité s’impose  : il a disparu. Pendant les jours qui suivent, Marvin et sa mère cherchent Tyler sans relâche. Jusqu’à ce qu’on leur annonce que le corps de Tyler a été retrouvé. Mais la vidéo qui tourne sur le web raconte une histoire encore plus glaçante  : Tyler a été abattu par un policier, alors qu’il essayait de rentrer chez lui. Après ce drame, les réseaux sociaux s’emparent de l’histoire. Marvin semble être le seul à ne pas oublier que Tyler était plus qu’un fait divers…

My life matter, Jay Coles, Hachette Romans

tenir debout dans la nuit

New York, Lalie n’y est jamais allée. Elle n’a même jamais osé en rêver. C’est trop beau, trop loin, trop cher. Alors, quand Piotr lui propose de l’y accompagner, elle est prête à tout pour saisir cette chance. À tout ? Non. Car il y a des choses qu’on ne peut accepter. Des contreparties qu’on ne peut pas donner. Et maintenant la voici dans les rues de Brooklyn, face aux regards de travers et aux mille dangers de la nuit, avec une seule obsession : rester éveillée. Résister. Tenir debout.

Tenir debout dans la nuit, Eric Pessan, École des loisirs

ma vie à la baguette

Fini le Kevin qui vit dans un shaker interculturel mêlant pression occidentale et puritanisme chinois. Il veut vivre à fond. Kevin et son frère Mickaël, nés en France de parents chinois, vivent des contradictions incessantes entre Lille et Pékin. Premier roman au ton léger qui épingle avec humour les travers des deux cultures. 

Ma vie à la baguette, Chloé Cattelain, Thierry Magnier

akata witch

La vie de Sunny, douze ans, n’a rien d’un éden. Née aux États-Unis de parents nigérians, elle a grandi entre deux mondes, sans jamais se sentir chez elle dans aucun d’eux. Elle vient tout juste de rentrer au pays et, bien qu’elle parle couramment la langue locale, son accent américain fait d’elle une étrangère. Comme si ce n’était pas suffisant, Sunny est albinos. Sunny en a assez d’être celle qu’on pointe toujours du doigt. Mais ne se sentir chez soi nulle part ne veut pas dire qu’il n’existe pas une place à prendre quelque part dans le monde. Et tant pis si conquérir cette place implique d’utiliser un pouvoir immense, plus ancien que le verbe, que l’univers lui-même ou que le commencement absolu. Un pouvoir qui pourrait bien l’amener à croiser la route du mal originel. Un pouvoir dont dépend le destin du monde tout entier.

Akata Witch, Nnedi Okorafor, Medium Poche

alabaster et moi

Frankie Landau-Banks n’est pas le genre de fille à accepter qu’on lui dise «  non  ». Surtout quand «  non  » signifie l’exclusion d’une société secrète. Encore moins lorsque ladite société, exclusivement masculine, est dirigée entre autres par son petit ami.   Frankie Landau-Banks est le genre de fille déterminée à montrer aux garçons du pensionnat huppé d’Alabaster qu’elle est plus intelligente qu’eux.   Du genre à prouver qu’elle peut changer le monde à l’aide de betteraves en boîte et de soutiens-gorge.

Alabaster & moi, E. Lockhart, Hachette Romans

jesse owels le coureur qui défia les nazis

En août 1936, l’homme le plus célèbre du monde – le plus rapide, aussi – s’appelle Jesse Owens. Il a 22 ans, il est noir, américain, petit-fils d’esclave et il vient de remporter quatre médailles d’or aux JO de Berlin. Quatre médailles d’or arrachées à l’Allemagne nazie et brandies au nez des États-Unis alors en pleine ségrégation raciale. Mais cette histoire est aussi le récit d’une rencontre, celle de Jesse Owens et du sprinter allemand, Luz Long. Loin de se haïr, ils devinrent amis, envers et contre tous. 

Jesse Owens, le coureur qui défia les nazis, Rouergue

Adulte

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Maya Angelou, dite « Rita », a 17 ans et vit avec sa mère et son beau-père à San Francisco. Elle donne naissance à un fils. Jeune et instable, elle tente de trouver sa place tout en l’élevant. De San Diego à Stampse en Arkansas, en passant par San Francisco, de mère maquerelle à danseuse de cabaret, cette jeune mère célibataire noire essaie de survivre dans un monde d’une extrême dureté, dominé par les Blancs. Plongée dans une grande pauvreté, elle glisse progressivement vers la criminalité sans pour autant jamais cesser, par l’auto-éducation, de chercher à s’élever intellectuellement. Rassemblez-vous en mon nom retrace cette quête. Maya Angelou y livre un témoignage précieux de son combat contre le racisme et la domination masculine, des thèmes qui en font encore aujourd’hui un livre d’une extrême actualité et une oeuvre majeure de la littérature américaine du XXe siècle.

Rassemblez-vous en mon nom, Maya Angelou, Éditions Noir sur blanc

blues pour l'homme blanc

James Baldwin a écrit cette pièce en 1964 en réaction à l’assassinat de son ami Medgar Evers, militant des droits civiques, abattu devant son domicile du Mississippi le 12 juin 1963 par un suprémaciste blanc. L’accumulation des meurtres racistes aux États-Unis (dont celui de quatre jeunes filles noires dans un attentat à la bombe contre une église baptiste de Birmingham, Alabama, le 15 septembre 1963) constitue l’arrière-plan de ce cri de révolte scénique. La quasi-impunité qui suit ces actes sera l’élément déclencheur de ce travail. C’est aussi le meurtre atroce en 1955 de l’adolescent Emmett Till qu’il décide d’évoquer : « Dans ma pièce, écrit-il, il est question d’un jeune homme qui est mort ; tout, en fait, tourne autour de ce mort. Toute l’action de la pièce s’articule autour de la volonté de découvrir comment cette mort est survenue et qui, véritablement, à part l’homme qui a physiquement commis l’acte, est responsable de sa mort. L’action de la pièce implique l’effroyable découverte que personne n’est innocent […]. Tous y ont participé, comme nous tous y participons. »

Blues pour l’homme blanc, James Bladwin, Éditions Zones

Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à cœur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l’université pour y faire de brillantes études, il voit s’évanouir ses rêves d’avenir lorsque, à la suite d’une erreur judiciaire, on l’envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s’engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu’il s’agit en réalité d’un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d’amitié. Mais l’idéalisme de l’un et le scepticisme de l’autre auront des conséquences déchirantes. Couronné en 2017 par le prix Pulitzer pour Underdground Railroad puis en 2020 pour Nickel Boys, Colson Whitehead s’inscrit dans la lignée des rares romanciers distingués à deux reprises par cette prestigieuse récompense, à l’instar de William Faulkner et John Updike. S’inspirant de faits réels, il continue d’explorer l’inguérissable blessure raciale de l’Amérique et donne avec ce nouveau roman saisissant une sépulture littéraire à des centaines d’innocents, victimes de l’injustice du fait de leur couleur de peau.

Nickel boys, Colson Whitehead, Albin Michel

Kim jiyoung née en 1982

Kim Jiyoung est une femme ordinaire, affublée d’un prénom commun – le plus donné en Corée du Sud en 1982, l’année de sa naissance. Elle vit à Séoul avec son mari, de trois ans son aîné, et leur petite fille. Elle a un travail qu’elle aime mais qu’il lui faut quitter pour élever son enfant. Et puis, un jour, elle commence à parler avec la voix d’autres femmes. Que peut-il bien lui être arrivé ? En six parties, qui correspondent à autant de périodes de la vie de son personnage, d’une écriture précise et cinglante, Cho Nam-joo livre une photographie de la femme coréenne piégée dans une société traditionaliste contre laquelle elle ne parvient pas à lutter. Mais qu’on ne s’y trompe pas : Kim Jiyoung est bien plus que le miroir de la condition féminine en Corée – elle est le miroir de la condition féminine tout court.

Retrouvez le coup de cœur d’Anne-Laure sur ce roman ici : http://librairielefaillerblog.fr/kim-jiyoung-nee-en-1982-cho-nam-joo

Kim Jiyoung, née en 19852 ; Nam-Joo Cho, Nil

la part du sarrasin

Le bac en poche, Magyd dit Le Madge, plus entre deux chaises identitaires que jamais, et entre rock et chanson française « à texte », éprouve ses rêves de musique et d’engagement politique, naviguant d’une bande de potes à l’autre : ceux de la cité et les artistes du centre-ville. Moins à la recherche de sa « Part de Gaulois » que de sa voix — celle qu’il voudrait donner aux siens, qui n’en demandent pas tant ; celle qui résonnera bientôt dans tous les Zénith de France où le succès révèlera aussi son amertume. Magyd ou les malentendus. Une aventure menée tambour battant, enragée et souriante.

La part du sarrasin, Magyd Cherfi, Actes Sud

chinatown intérieur

Willis est un Américain d’origine asiatique qui tente de percer à Hollywood. Dans un monde qui voit tout en noir et blanc, qui se pense comme un affrontement entre Noirs et Blancs, Willis a-t-il sa place ? Mêlant le petit et le grand écran, la série policière, le film de kung-fu, la comédie romantique, le film de procès, Charles Yu nous offre un grand roman américain, émouvant, tendre et parfois amer, un récit d’odyssée personnelle et de conquête sociale dans ce champ de bataille qu’est la société américaine.

Chinatown, intérieur, Charles Yu, Aux forges du Vulcain

Fille, femme autre

Un roman dont les protagonistes sont douze femmes âgées de 19 à 93 ans, dont la plupart sont noires, ainsi qu’un homme trans. Chaque personnage, venu d’ailleurs, est à la recherche du bonheur et de quelque chose qui lui manque, dans une Angleterre où l’ascenseur social est figé et où ces femmes demeurent le plus souvent invisibles.

Fille, femme, autre, Bernardine Evaristo, Éditions Globe

la petite dernière

Je m’appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Je suis née par césarienne. Je suis française. Je suis d’origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Porteuse d’une maladie chronique. Asthmatique allergique. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper inadaptée. J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J’ai la sensation d’avoir une double vie. J’ai fait quatre ans de thérapie. C’est ma plus longue relation. Mon rapport à l’autre est inconstant. J’ai besoin de me contrôler. J’ai besoin de contrôler toutes mes émotions. J’ai besoin de contrôler l’autre. Je me crois polyamoureuse. L’amour, c’est tabou à la maison, les marques de tendresse et la sexualité aussi. Je n’aime pas les garçons mais j’aime leurs accessoires. À 25 ans, je rencontre Nina Gonzalez.

La petite dernière, Fatima Daas, Noir sur blanc

l'autre moitié de soi

Quatorze ans après la disparition des jumelles Vignes, l’une d’elles réapparaît à Mallard, leur ville natale, dans le Sud d’une Amérique fraîchement déségrégationnée. Adolescentes, elles avaient fugué main dans la main, décidées à affronter le monde. Pourtant, lorsque Desiree refait surface, elle a perdu la trace de sa jumelle depuis bien longtemps : Stella a disparu des années auparavant pour mener à Boston la vie d’une jeune femme Blanche. Mais jusqu’où peut-on renoncer à une partie de soi-même ? Dans ce roman magistral sur l’identité, l’auteure interroge les mailles fragiles dont sont tissés les individus, entre la filiation, le rêve de devenir une autre personne et le besoin dévorant de trouver sa place.

L’autre moitié de soi, Brit Bennett, Autrement



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