Mon père – Grégoire Delacourt

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Sur la prochaine liste de vos envies de lecture, n’hésitez pas à noter le dernier roman de Grégoire Delacourt. Comme chacun d’entre-nous, Edouard ne voyait que le bonheur à l’horizon, au moins jugeait-il cet espoir légitime. Certes, l’été aurait sans doute quatre saisons, mais aimer une femme qui ne vieillirait pas dans son cœur, la mère de ses enfants, des enfants adorés qu’il saurait protéger de tous les monstres, à qui il aurait appris à marcher la tête droite, confiants, les yeux rivés l’avenir, était dans l’ordre des choses. Une évidence que lui avaient enseignée ses parents qui pourtant n’avaient pas eu les mots ni même les gestes, le père honteux de ses mains de boucher, le sang incrusté sous les ongles, qu’il préférait garder au fond des poches. Des mains qu’il n’aurait pas hésité à changer en poings, si d’aventure, on faisait du mal à son petit. Mais reste, au fond du cœur d’Edouard, une souffrance secrète.

Plus tard, j’ai pensé qu’un père qui n’étreint pas ne façonne pas et qu’on en conserve pour toujours une infirmité. Une sorte d’inachèvement.

On finit par devenir ce que nos parents ont de cassé en eux.
Edouard n’avait pas réussi à garder son aimée, elle vieillirait dans les bras d’un autre, mais Benjamin était là, bien vivant, oisillon bouleversant qui faisait chavirer son cœur de père.

Édouard n’avait rien vu, rien deviné, rien senti, aucune sonnette d’alarme n’avait retenti dans son ventre quand son petit bonhomme avait commencé à aller mal, de plus en plus mal, jusqu’à très très mal. Des doutes, des questions certes, mais restées sans réponse jusqu’au jour ou enfin des mots avaient été posés sur les maux.

Un père qui danse au bord de l’abîme

Ce vendredi-là, c’est un père ravagé par la douleur, que d’ailleurs, on peut aisément mettre au pluriel tant ses souffrances sont multiples, qui fait violemment irruption dans la petite église. Un homme qui danse au bord de l’abîme, meurtri et anéanti, qui ne croit pas en la justice, qu’elle soit divine ou humaine, qui veut savoir, tout savoir, sans filtre, pour absorber le martyre de son fils. Et venger son petit garçon de dix ans abusé, disloqué, fracassé par ce Père en qui il avait une absolue confiance. Les deux hommes se font face en un huis-clos inquiétant et dérangeant qui durera trois jours, jusqu’à la messe du dimanche…

Un sujet brûlant d’actualité et particulièrement délicat que Grégoire Delacourt réussi à traiter sur le fil du rasoir avec des phrases dont il a le secret et qui nous touchent droit au cœur et au ventre prouvant, une fois de plus, qu’il est bien l’écrivain de la famille…

Alors, faites fi de vos éventuelles réticences et de vos à priori, lisez ce roman de saine colère et de doutes porté par une sincère empathie.
Ce monde ne sera guéri que lorsque les victimes seront Rois.
Merci Grégoire Delacourt.

L’auteurGrégoire Delacourt est l’auteur de sept romans, tous publiés chez Lattès. En 2011, il publie son premier roman avec L’Écrivain de la famille puis, en 2012, son premier best-seller avec La Liste de mes envies, traduit dans 35 pays. Suivent ensuite La Première chose qu’on regarde en 2013, On ne voyait que le bonheur en 2014, Les Quatre saisons de l’été en 2015, Danser au bord de l’abîme en 2017, et La Femme qui ne vieillissait pas, en 2018. (Source JC Lattès).

Mon père, Grégoire Delacourt, Éditions JC Lattès

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