Les mangeurs d’argile – Peter Farris

Après Le diable en personne voici le troisième roman de Peter Farris, un auteur prometteur de la nouvelle génération d’auteurs américains de romans noirs.

Dans le Sud-Est des Etats-Unis, nous découvrons le jeune Jesse Pelham, quatorze ans, qui vient de perdre son père. Ce dernier a été victime d’un malheureux accident. Alors qu’il apportait la dernière touche sur un abri de chasse dont il voulait faire la surprise pour son fils, n’ayant pas son harnais et contrairement aux vives recommandations qu’il fait à son enfant, il décide de grimper. Parvenu au dernier barreau, celui-ci cède. Il se rompt le cou. A priori, un banal et tragique accident. 
Sauf que non, bien évidemment.


Richie, le père de Jesse, avait perdu sa première femme. Il s’était alors remarié avec Grace avec laquelle ils avaient eu une petite fille.
Jesse entend des bribes de conversation assez étranges entre sa belle-mère et son oncle Carroll qui semblent manigancer quelque chose. Pour fuir cette atmosphère délétère, il se réfugie dehors, dans une nature qu’il aimait partager avec son père, dans ce grand domaine d’argile que son père a toujours refusé de vendre malgré les pressions diverses. En allant voir la surprise que lui réservait son père, Jesse va faire la rencontre d’un individu assez étrange : un homme filiforme, sans doute mal nourri, un vagabond : Billy, qui, avant de devenir son ami et confident, l’effraie. Billy, « l’homme des bois », semble être un homme en fuite, recherché pour son passé meurtrier. Un lien fort se noue entre le garçon et l’homme traqué. Ce dernier s’avère être un témoin pour ce qui aurait pu passer pour un accident, mais qui est en réalité un meurtre, celui de Richie Pelham, le père de Jesse.

Retour sur un passé mouvementé

Le roman revient sur le passé de Richie : le suicide de sa première femme, les problèmes d’alcoolisme de son frère Vandy qui l’ont fait rencontrer Grace et Carroll. Un duo infernal qui, dans leur nouvelle église, promet de guérir, grâce à Dieu et à un show bien huilé, tous les fidèles sortis du droit chemin.

Tandis que Jesse se rapproche de Billy et lui vient en aide, ce dernier a quelques révélations à lui faire qui pourraient bien conduire l’adolescent à agir par lui-même. En effet, à qui peut-il se fier ? Il devrait, une fois son père parti, pouvoir se reposer sur sa belle-mère ou sur son oncle, un sacré prédicateur ou encore sur un policier. Mais tous complotent. Se pourrait-il que le vagabond, fuyant son passé trouble, soit le plus fiable de tous ?

Les mangeurs d’argile est un polar d’ambiance, ancré dans le Sud, en Géorgie où le paysage argileux constitue presque un personnage à part entière. 
La rencontre inopinée entre ce jeune garçon et le sauvageon est fascinante. De même, la relation père-fils dont nous avons des bribes tout le long du roman, est tout à fait savoureuse et attendrissante.
Au fur et à mesure de la découverte des personnages, pour une bonne part, vils et nuisibles, le lecteur tente d’imaginer quelle sera l’issue et qui saura tirer son épingle du jeu. Les chapitres courts s’enchaînent en variant les points de vue dans une accélération progressive créant une tension jusqu’au dénouement.


Un excellent roman noir susceptible de créer un malaise chez son lecteur. Un roman qui porte haut les couleurs de la famille et de l’amitié, à la stylistique maîtrisée, au lexique diversifié.

Un auteur américain à découvrir !

 

L’auteur : Né en 1979, Peter Farris vit aujourd’hui dans le comté de Cherokee en Géorgie. Après sa licence, la musique prit beaucoup de place dans sa vie, pour le meilleur ou pour le pire. Plutôt que de poursuivre ses études ou de tenter de faire carrière, il est devenu chanteur dans un groupe de rock bruyant du Connecticut appelé CABLE. 

En parallèle de ses activités musicales, Peter Farris gagnait sa vie comme guichetier dans une banque de New Heaven, dans le Connecticut. Il y a travaillé quelques semaines avant que la banque ne soit cambriolée.  Même si le braqueur était armé, il ne sortit jamais son pistolet. Inutile de dire que cet événement a profondément marqué Peter Farris, et quand il se mit sérieusement à écrire, il savait qu’une scène de braquage interviendrait dans son premier roman. (Source Gallmeister).

Les mangeurs d’argile, Peter Farris, Gallmeister

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