Les huit montagnes – Paolo Cognetti

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Le poche qu’on aime en septembre

 

 

« Tu le vois le torrent ? dit-il. Mettons que l’eau, c’est le temps qui coule : si l’endroit où nous sommes, c’est le présent, tu dirais qu’il est où l’avenir ? »

Je réfléchis. […] Je répondis ce qui me paraissait le plus évident : « L’avenir est du coté où l’eau descend, en contrebas.

– Faux, décréta mon père, et heureusement ! »

Pietro, 11 ans, quitte Milan chaque été pour se rendre à Grana, dans le Val d’Aoste, et gravir avec un père taciturne et insaisissable le sommet des montagnes, seul endroit où cet homme retrouve le goût de vivre. Il y rencontre un autre enfant, Bruno, pur montagnard à la vie rude et à la famille austère, dont l’amitié sincère sera scellée quelques années plus tard autour d’un mystérieux héritage alpin à reconstruire.

« Et [Bruno] disait : c’est bien un mot de la ville, ça, la nature. Vous en avez une idée si abstraite que même son nom l’est. Nous, ici, on parle de bois, de pré, de torrent, de roche. Autant de choses qu’on peut montrer du doigt. Qu’on peut utiliser. Les choses qu’on ne peut pas utiliser, nous, on ne s’embête pas à leur chercher un nom, parce qu’elles ne servent à rien. »

Ces paroles sont à l’image du livre de Paolo Cognetti : simples, fortes et émouvantes. Seul un montagnard comme lui pouvait écrire avec autant d’élégance et de limpidité un roman sur la solitude de ces hommes, leurs communions avec les éléments, et l’amitié dont ils ont besoin pour se reconstruire et se réconcilier avec leur passé.

 

L’auteur : Paolo Cognetti, né à Milan en 1978, est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles, d’un guide littéraire de New York, et d’un carnet de montagne. Les Huit Montagnes, son premier roman, en cours de traduction dans 31 pays, a reçu le prix Strega.

 

Les huit montagnes, Paolo Cognetti, Le livre de poche

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Le poche du fond des rayons

 

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“Suintant l’alcool par tous les pores, le Consul était debout à porte du Salón Ofélia. C’était une riche idée d’avoir bu ce mescal. Une sacrément riche idée ! La boisson idéal, la seule boisson possible en la circonstance ! (…) N’eût été cette légère danse sautillante de puces de sable, dans son champ de vision, il eût pu se convaincre de n’avoir rien bu depuis des mois. Le seul problème à l’instant, c’était qu’il avait un peu chaud.”

« Vous ne connaissez pas ce livre ? Ahhh je vous envie !! » C’est cette phrase, prononcée par Sophie Van der Linden il y a quelques années lors d’une rencontre organisée entre la librairie et une bibliothèque rennaise qui m’a menée jusqu’à ce livre. L’auteure nous avait confié le titre de celui-ci – son préféré – avec beaucoup d’émotion et d’excitation. Un peu comme l’on partage quelque chose de précieux.

Et lecture faite, je comprends pourquoi.

Ce livre est magistral, un livre incontournable. Qui en déroutera peut-être certains. et lorsqu’on termine ces 600 pages, on n’a qu’une envie : le reprendre depuis le début pour mieux en savourer l’ampleur.

Ce livre est magistral, un livre incontournable. Qui en déroutera peut-être certains. Et lorsqu’on termine ces 600 pages, on n’a qu’une envie : le reprendre depuis le début pour mieux en savourer l’ampleur.

600 pages donc, pour vivre 24 heures dans le fin fond du Mexique auprès du Consul et de sa femme, Yvonne, de retour après une longue séparation. Couple autour duquel gravitent deux personnages essentiels, Hugh et M. Laruelle. Et de cette journée, pour le consul, de faire face aux appels (malheureusement) irrésistibles d’une ou deux bouteilles de mescal, fort alcool local. Et de cette journée, pour Yvonne de retrouver l’homme qu’elle aime mais avec qui elle ne pourrait jamais être heureuse.

Ces 600 pages d’Au-dessous du volcan sont une expérience de lecture marquante et fabuleuse.

 

L’auteur : Né dans le port anglais de Birkenhead, Malcolm Lowry s’engage à dix-huit ans comme steward pour aller jusqu’en Chine, et il interrompt ensuite ses études à l’université de Cambridge pour s’embarquer comme chauffeur sur un cargo. Ce goût des voyages, dont le court roman Ultramarine (1933) est le reflet, le mènera en France, aux États-Unis, au Mexique, au Canada ; mais sa plus grande aventure sera celle de son roman Au-dessous du volcan.Il commence à y travailler au Mexique en 1936, mais il le remanie pendant dix ans. En 1941, la première version est refusée par tous les éditeurs ; Lowry la réécrit au Canada, mais il en perd le manuscrit dans un bar ; la troisième version périt dans l’incendie de sa maison, et c’est la quatrième version qui sera publiée à la fois aux États-Unis et en Angleterre en 1947 (Source Babelio).

Au-dessous du volcan, Malcom Lowry, Folio

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