L’artiste – Antonin Varenne

L'artiste

Un serial killer s’en prend aux artistes en composant lui-même des scènes de crime morbides, mais avec une certaine portée artistique et un goût prononcé et étrange pour la propreté.


Pour notre tandem qui n’en est pas vraiment un : l’inspecteur Heckmann et son chouette acolyte, Max, ancien détective privé, grimpeur de la tour Eiffel notamment, à ses heures perdues, l’affaire n’est décidément pas banale ! 
Dans un Paris en pleine crise des banlieues, L’artiste offre un polar social, intelligent, à l’humour décapant avec une figure d’inspecteur originale qui pourrait presque être un cousin éloigné du Benjamin Malaussène de Daniel Pennac tant son caractère quelque peu lunaire et malchanceux en fait un personnage attachant et atypique.

Un roman vivement enthousiasmant à la poésie singulière.

Un petit avant-goût :

« Maximilien Marty jouait sur la moquette du salon avec le chien, l’animal attaquait ses manches de pull et puait de la gueule. Max fit le mort, le chien continua un instant à tirer sur son vêtement, puis poussa sa main du museau et gémit. Max imagina le monde après sa mort, se demanda qui viendrait à son enterrement, combien d’ex-petites amies éplorées ? Le chien lui lécha le visage, son haleine de charogne le tira de ses fantasmes morbides. Sortir d’ici.
Dans l’ascenseur, un jeune poète avait écrit au marqueur sur le miroir : « Mieux vaut être belle et rebelle que moche et remoche. » Ҫa changeait des croix gammées et des « Vive le PSG » ou « Ta mère suce pas que de la glace ». Le parking souterrain sentait la pisse et le monoxyde de carbone. Le gardien rangeait les poubelles.
– Bonjour, monsieur Marty, comment va votre dame ? C’est pour bientôt alors !
– De quoi ?
– Aah ! Vous me faites marcher, Monsieur Marty !
Le portail automatique du parking se leva lentement, il eut le temps de se demander ce qui lui faisait envie de l’autre côté de cette grille. Dans la rue de Ménilmontant, descendant comme une aiguille vers Paris, Max imagina une voiture sans freins.
Place du Colonel-Fabien, les pavés glissants secouèrent sa vieille voiture à la limite du démembrement ; maintenir cette épave à flot lui coûtait une fortune, mais il était sentimental. À Stalingrad, les clodos se serraient par paquets contre les piles du métro aérien. À sa droite, le canal de l’Ourcq s’enfonçait dans la Seine-Saint-Denis où Paris, capitale du luxe, n’était qu’un paradis inaccessible. À gauche, le canal changeait de nom, devenait Saint-Martin, territoire des brunchs branchés et d’Amélie Poulain. »

L’auteur : Né à Paris en 1973, Antonin Varenne n’y restera que quelques mois avant d’être enlevé par ses parents pour vivre aux quatre coins de France, puis sur un voilier. Il n’y reviendra qu’à vingt ans, pour poursuivre des études à Nanterre. Après une maîtrise de philosophie (Machiavel et l’illusion politique), il quitte l’Université, devient alpiniste du bâtiment, vit à Toulouse, travaille en Islande, au Mexique et, en 2005, s’arrime au pied des montagnes Appalaches où il décide de mettre sur papier une première histoire. Revenu en France accompagné d’une femme américaine, d’un enfant bilingue et d’un chien mexicain, il s’installe dans la Creuse et consacre désormais son temps à l’écriture. (Source La manufacture de livres).

L’artiste, Antonin Varenne, La manufacture de Livres

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