Coup de vent – Mark Haskell Smith

 

coup de vent

Le Pitch

Avec Coup de vent, nous sommes embarqués dans une sacrée course-poursuite qui a toutes les chances de mal se terminer. 
D’ailleurs, pour pimenter un peu l’histoire, l’auteur a décidé de commencer par la fin.
Nous découvrons Neal, le plus romantique (et de loin !) des personnages de ce polar fou, en pleine dérive sur un bateau, presque mort de soif et de faim. Il ne sait pas naviguer pour un sou. Il n’a ni téléphone portable ni fusée de détresse et a bien évidemment épuisé toute réserve d’eau ou de nourriture. On peut le dire, il est en fâcheuse posture : « Que diable allait-il faire dans cette galère » se demande-t-on…
Complètement désespéré et en même temps plutôt lucide, il trouve une dernière bouteille à jeter à la mer. Ne connaissant pas sa position, cela ne lui sert pas à grand-chose. Il se décide à y glisser sa dernière carte de visite avec ce message limpide : « FOUTU ». Mais au cœur de cet océan d’apitoiement, une petite lueur d’espoir arrive sous la forme d’un point à l’horizon. Un bateau ? Sans fusée de détresse, Neal a la formidable idée de brûler un des nombreux sacs d’argent (le bateau contient en effet dix millions de dollars ce qui a failli faire de notre pauvre héros un bien riche macchabée.)

Chlöe est en train de faire un tour du monde en solitaire lorsqu’elle aperçoit Neal et son bateau en flammes. Elle n’est pas du tout censée s’arrêter et si elle le fait, elle doit prévenir l’équipe qui la soutient. Mais elle n’en fait qu’à sa tête. Indépendante et méfiante, elle prend ses précautions : Neal se réveille enchaîné. Il lui explique qu’elle n’a rien à craindre, car il est pacifique et gay (et toujours pas remis de sa rupture amoureuse) mais Chlöe a d’autres préoccupations. En effet, elle a ouvert les sacs rescapés de l’incendie du bateau. Tout cet argent louche… D’où vient-il ? En tout cas, c’est tentant !
Comment et pourquoi Neal s’est retrouvé en pleine mer ? Retour sur les origines de cette échappée qui a failli être belle…

Bryan Leblanc, jeune homme plein d’avenir à Wall Street, n’a aucune envie de passer sa vie à trimer dans un bureau qui sent la transpiration et les pets, avec une bande de véritables trous du cul tous obsédés à l’idée de devenir riche. D’une richesse indécente, cela va sans dire. 
Alors il a eu la brillante idée de fomenter une arnaque. Suffisamment conséquente, pour que son patron envoie deux de ses employés tenter de le trouver et de mettre la main sur le magot. Mais pas non plus de taille à faire rougir un Bernard Madoff par exemple.
Bryan a l’intention de s’acheter un voilier avec son pognon et une nouvelle identité pour se la couler douce dans un des coins sympas du vaste monde. Pour ce faire, il sollicite l’aide d’un directeur de banque, Leighton, qui lui fournira ses indispensables nouveaux papiers.
Mais bon, il n’aurait peut-être pas dû après tout. Sans être un total génie, il s’entoure quand même de quelques précautions qui pourraient s’avérer salutaires.
La liste de ses poursuivants _ aux motivations divergentes_ n’a de cesse de s’agrandir. Il y a Leighton qui fait équipe avec son cousin Pearson, un artiste. Neal s’associe à sa collègue Seo-yun d’origine asiatique, limite Asperger, sur le point d’épouser un homme passionné qui l’exaspère au plus haut point en appelant toutes les cinq minutes pour parler couleurs de serviette, choix de la musique et autres détails du mariage dont elle se contrefiche royalement. Elle profite de sa mission et de cette liberté volée pour tromper son fiancé avec entrain. Neal et Seo-yun sont bientôt rejoints par un flic noir et nain : Piet. Ce grand séducteur est immédiatement attiré par la jeune asiatique qui n’est pas en reste.
Entre parties de jambes en l’air débridées pour les uns, nuit en prison et fâcheux incidents de coquillage pour d’autres, l’enquête, la traque et les imprévus se multiplient dans un climat de joyeuse tension érotique.

 

L’avis d’Anne-Sophie

Peut-être le livre le plus politiquement incorrect de la rentrée !
Drôle, décapé, féroce avec en arrière-plan la volonté insensée d’un enrichissement indécent et les malheurs qui en découlent, Coup de vent est un polar aussi délectable que transgressif. 
Des situations cocasses, de belles surprises, un rythme tenu pour un roman polyphonique sans répit. On passe avec joie d’un personnage à l’autre, chacun représenté par un petit dessin, dans une comédie noire et mordante où la philosophie pourrait se résumer à cette citation : « Les choses avaient merdé dans les grandes largeurs ».
Après tout, ce sont des choses qui arrivent, non ?

Une petite citation qui donne le ton, à méditer :

« En croyant au capitalisme, ce système économique conçu pour enculer la majorité de la populace afin qu’une minorité en profite, on acceptait d’obéir à une entité instaurée pour arnaquer tout le monde et encourager les gens à s’arnaquer entre eux. La société américaine était fondée sur ce genre de tromperie mâtinée d’opportunisme. »

L’auteur : Mark Haskell Smith, né en 1957 au Kansas, a travaillé dans les années 1990 pour le cinéma, le théâtre et la télévision. Il est aujourd’hui connu pour ses romans, dont Coup de vent est le sixième traduit en français (les cinq précédents ont été publiés chez Rivages). Hédoniste, grand amateur de gastronomie et moraliste impitoyable, il apprécie tout particulièrement les contre-cultures moralement douteuses ou quasi illégales, et ceux qui vivent leur passion au risque de se faire stigmatiser par la société. Il enseigne aujourd’hui à l’université de Californie à Riverside (Source Gallmeister).

Coup de vent, Mark Haskell Smith, Gallmeister

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