Âme brisée – Akira Mizubayashi

âme brisée

Être Chinois en 1938 à Tokyo était extrêmement dangereux et les avoir pour amis ne l’était pas moins. La musique n’a pourtant pas de frontières ni de nationalité, ne se mêle pas de politique et les sonates de Bach font tomber toutes les barrières. C’est ce que pense Yu, le professeur japonais et ses trois étudiants chinois avec qui il joue du violon.

Ce jour-là, Yu a emmené son fils Rei à la répétition du quatuor. Aux bruits de bottes dans le couloir, les musiciens comprennent le danger et Yu a le temps de cacher Rei dans un placard. Des cris, des insultes, des ordres, des coups sans doute, un violon piétiné, une voix qui s’impose. Le silence. La porte du placard qui s’ouvre, un officier, seul, face au regard terrorisé d’un petit garçon. Sans un mot, l’homme ramasse ce qui reste du violon de Yu, le donne à l’enfant, referme la porte du placard et s’en va.

Ainsi, commence ce merveilleux roman écrit avec une sensibilité à fleur de note. Un style fluide et délicat pour cette sublime histoire d’amour pour la musique, un texte qui nous transporte et nous émeut profondément.

Rei, qui est devenu français et s’appelle désormais Jacques, n’a jamais revu son père. C’est un luthier de grand talent, un artisan à la renommée aussi grande que les virtuoses qui lui confient leur instrument, un homme qui n’a rien oublié de la tragédie qui l’a voué à l’exil et qui a patiemment restauré le violon massacré. Mais la musique suffit-elle pour réparer les âmes brisées ?

Une ode à la musique, mais aussi à l’amour, à l’amitié, aux souvenirs. On termine sa lecture, touché au cœur avec un besoin urgent d’écouter Bach et Schubert et d’offrir le livre à ses meilleurs amis.

 

L’auteur : Écrivain et traducteur japonais, Akira Mizubayashi est né en 1951. Après des études à l’université nationale des langues et civilisations étrangères de Tokyo (Unalcet), il part pour la France en 1973 et suit à l’université Paul Valéry de Montpellier une formation pédagogique pour devenir professeur de français (langue étrangère). Il revient à Tokyo en 1976, fait une maîtrise de lettres modernes, puis, en 1979 revient en France comme élève de l’Ecole Normale Supérieure. Depuis 1983, il enseigne le français à Tokyo, successivement à l’université Meiji, à l’Unalcet et, depuis 2006, à l’université Sophia. 

Âme brisée, Akira Mizubayashi, Gallimard

 

logo-commander-le-livre-librairie-lefailler



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.